Sommaire du guide
Une personne âgée entre dans une classe avec un livre sous le bras. Quelques enfants la regardent avec curiosité. Elle commence à lire.
Puis un enfant l'interrompt : « Quand vous étiez petite, vous aviez déjà ce livre ? » La lecture devient une conversation. Puis une histoire. Puis un souvenir. Et la rencontre prévue autour d'un livre devient progressivement autre chose : un échange entre deux générations.
Cette scène est une situation illustrative, et non un témoignage réel.
Ce basculement — de l'activité prévue à la relation qui se crée autour — est précisément ce que ce guide cherche à expliquer.
La valeur de l'intergénérationnel ne réside pas seulement dans l'activité réalisée. Elle réside dans ce qui se crée autour d'elle.
01Qu'appelle-t-on réellement « intergénérationnel » ?
Le mot est employé pour des réalités très différentes. Il est utile de distinguer trois niveaux, du plus superficiel au plus abouti.
1
La simple présence de plusieurs générations
Des enfants et des personnes âgées se trouvent au même endroit, sans interaction organisée entre eux — par exemple dans un même quartier ou un même établissement, sans qu'un projet les mette en lien.
2
Une activité multigénérationnelle
Une animation réunit les deux générations autour d'un même moment, mais chacune garde un rôle distinct : les enfants chantent, les seniors regardent, puis chacun repart. Le moment peut être agréable, sans pour autant créer de relation.
3
Un véritable projet intergénérationnel
Il cherche à permettre une interaction réelle, de la réciprocité, une participation active des deux côtés, une reconnaissance mutuelle, une place pour chacun — et, idéalement, une continuité dans le temps plutôt qu'une rencontre isolée.
Une rencontre devient réellement intergénérationnelle lorsque chacun peut contribuer à ce qui se passe, et pas seulement être présent.
02Pourquoi avons-nous besoin de liens entre les générations ?
Plusieurs évolutions sociales ont réduit certaines occasions naturelles de rencontre entre générations : l'éloignement géographique des familles, l'évolution des structures familiales, la mobilité professionnelle, la séparation croissante des lieux de vie selon les âges (écoles, résidences, quartiers), et l'évolution générale des modes de vie.
Il serait toutefois trop simple d'affirmer qu'« avant, toutes les générations vivaient ensemble et tout allait mieux » — une vision nostalgique qui ne résiste pas à l'examen historique et qui n'aide en rien à agir aujourd'hui. La réalité est plus nuancée : certaines occasions de rencontre qui existaient autrefois de façon spontanée doivent aujourd'hui parfois être recréées volontairement, par des projets pensés pour cela.
03Que peuvent apporter ces projets aux personnes âgées ?
Plusieurs dimensions se combinent souvent, sans qu'aucune ne soit garantie ni universelle.
Le sentiment d'utilité
Pouvoir apporter quelque chose à quelqu'un, plutôt que de n'être que destinataire d'une attention.
La transmission
Partager une histoire, un savoir-faire, une recette, un métier, un souvenir, une pratique, une chanson, un jeu, une expérience de vie.
La participation sociale
Ne pas seulement recevoir une activité pensée par d'autres, mais y contribuer activement.
Le sentiment d'appartenance
Faire partie d'un projet dans lequel on est attendu, et non simplement convié ponctuellement.
La stimulation
La conversation, la préparation, les souvenirs qui remontent, la curiosité et la découverte que suscite l'échange.
Un changement de rythme
Avoir un rendez-vous, quelque chose à préparer, une personne que l'on va retrouver — des repères qui structurent le temps.
Le lien social
La création de nouvelles relations, en dehors du cercle relationnel habituel.
Ne jamais promettre qu'un projet intergénérationnel « guérit » l'isolement, la dépression, ou prévient automatiquement la perte d'autonomie ou le déclin cognitif. Les formulations prudentes s'imposent : peut contribuer à, peut favoriser, peut soutenir, certaines études observent.
04Et qu'apportent-ils aux enfants et aux jeunes ?
C'est une question indispensable, trop souvent oubliée. Un enfant n'est jamais un outil thérapeutique destiné à rendre des personnes âgées heureuses : il doit, lui aussi, recevoir quelque chose de la relation.
- La découverte d'autres parcours de vie et d'autres façons de vivre.
- La transmission de savoirs et de savoir-faire qu'il ne trouverait pas ailleurs.
- L'apprentissage de l'écoute, dans une relation qui demande de la patience.
- Une occasion de développer l'écoute de l'autre et l'ouverture à la différence.
- Une compréhension plus concrète du vieillissement, ancrée dans une personne réelle plutôt que dans des représentations abstraites.
- La découverte de métiers ou de pratiques anciennes.
- Un changement du regard porté sur l'âge, et la remise en cause de certains stéréotypes.
- Le sentiment de contribuer à un projet collectif qui a du sens.
- Dans le cadre d'un podcast : l'apprentissage de l'interview et de la prise de parole.
- Dans le cadre d'une gazette : l'écriture et le travail éditorial.
- Dans le cadre d'une correspondance : la découverte du plaisir d'écrire pour quelqu'un.
Une méta-analyse portant sur 63 études (1976-2018, plus de 6 000 participants) observe que les interventions combinant éducation sur le vieillissement et contact intergénérationnel sont associées aux effets les plus marqués sur la réduction des attitudes âgistes chez les plus jeunes, davantage que l'éducation seule ou le contact seul — sans qu'il s'agisse d'une garantie pour chaque projet individuel (source : Burnes et al., American Journal of Public Health, 2019).
05L'âgisme : quand les générations ne se connaissent plus
L'Organisation mondiale de la Santé définit l'âgisme comme l'ensemble des stéréotypes (la façon de penser l'âge), des préjugés (ce que l'âge inspire) et des discriminations (la façon de se comporter) fondés sur l'âge d'une personne (source : OMS, Rapport mondial sur l'âgisme, 2021). Il peut viser les personnes âgées comme les plus jeunes, et se construit souvent dès l'enfance.
Certains stéréotypes traversent le regard porté sur la vieillesse :
✕« Les personnes âgées sont toutes fragiles. »
✕« Elles ne comprennent pas la technologie. »
✕« Elles n'ont plus grand-chose à apprendre aux autres. »
Mais il faut se garder tout autant de l'idéalisation inverse, qui reste une forme de généralisation abusive : toutes les personnes âgées ne sont pas « sages », toutes n'« adorent » pas les enfants, et tous les jeunes ne maîtrisent pas la technologie.
Ce que permet la rencontre réelle, c'est justement de remplacer une catégorie abstraite — « les vieux », « les jeunes » — par une personne précise, avec son histoire et sa personnalité propres.
96%
des études examinées associent l'âgisme à des effets négatifs sur la santé
Sur une revue systématique de 422 études menées dans 45 pays — un lien statistique documenté dans la littérature, non une mesure individuelle du risque.
63
études incluses dans la méta-analyse Burnes et al.
1976-2018, plus de 6 000 participants, sur l'efficacité des interventions contre l'âgisme.
Sources : OMS, Rapport mondial sur l'âgisme, 2021 ; Burnes D. et al., Interventions to Reduce Ageism Against Older Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis, American Journal of Public Health, 2019.
L'OMS identifie les contacts intergénérationnels comme l'une des stratégies clés pour réduire l'âgisme, aux côtés de l'éducation et des politiques publiques (source : OMS, Rapport mondial sur l'âgisme, 2021).
06La transmission : beaucoup plus qu'un souvenir
Transmettre peut prendre des formes très variées : un souvenir, une histoire locale, une chanson, une recette, un métier, un savoir-faire, un jeu, une technique, une langue, une expression, une façon de cultiver, une expérience de vie, une correspondance, une lecture, une anecdote, une manière de faire.
Mais il faut aller plus loin. Transmettre permet aussi d'occuper une place. La personne n'est plus seulement celle que l'on accompagne ou que l'on aide. Elle devient celle qui sait, celle qui raconte, celle qui montre, celle qui répond, celle qui apprend quelque chose à quelqu'un, celle que l'on attend.
L'intergénérationnel commence lorsque chacun cesse d'être seulement « jeune » ou « vieux » pour devenir quelqu'un que l'autre connaît.
07Une personne âgée n'a pas besoin d'avoir une « histoire extraordinaire » pour transmettre
Beaucoup de personnes pensent, sincèrement : « Moi, je n'ai rien d'intéressant à raconter. » C'est rarement vrai. La transmission réside très souvent dans des choses ordinaires : comment on allait à l'école, un premier travail, une recette, une fête, un jeu, une chanson, un quartier disparu, une habitude familiale, une première voiture, une façon de travailler, une expression oubliée, une anecdote, un souvenir de vacances, les courses d'autrefois, les objets du quotidien.
Ce qui est banal pour une génération peut être une véritable découverte pour l'autre — c'est précisément ce déséquilibre qui rend l'échange intéressant.
L'ordinaire d'une génération peut devenir une découverte extraordinaire pour une autre.
08Attention : tous les projets intergénérationnels ne fonctionnent pas
Certaines erreurs, fréquentes et bien intentionnées, rendent un projet artificiel, déséquilibré ou infantilisant.
Organiser une rencontre sans objectif
« On met les enfants avec les seniors et on verra bien » — sans réfléchir à ce que chacun doit pouvoir y faire ou y trouver.
Faire des personnes âgées des spectateurs
Les enfants chantent, les seniors regardent, puis chacun repart. Le moment peut être agréable, mais ce n'est pas nécessairement une relation intergénérationnelle.
Infantiliser les personnes âgées
Proposer des activités très enfantines à des adultes uniquement parce qu'ils sont âgés.
Obliger la participation
Toutes les personnes âgées n'aiment pas les enfants. Tous les enfants ne sont pas immédiatement à l'aise avec des personnes très âgées. Le volontariat doit toujours être privilégié.
Faire une seule rencontre puis arrêter
Une rencontre unique peut être agréable, mais pour créer une véritable relation, la continuité et la régularité comptent souvent davantage.
Construire le projet uniquement pour les seniors
Le projet doit avoir du sens pour les deux générations, pas pour une seule.
Utiliser les enfants comme « remède »
Ne jamais présenter un enfant comme un moyen de « soigner » la solitude d'une personne âgée. Ce n'est ni juste pour l'enfant, ni respectueux pour la personne âgée.
09Alors, qu'est-ce qu'un bon projet intergénérationnel ?
Voici une grille de lecture en six ingrédients, à considérer comme un repère pratique — pas un modèle scientifique validé.
01
Un objectif commun
Pourquoi les personnes se rencontrent-elles ? Un projet sans réponse claire à cette question a du mal à prendre sens.
02
Une place pour chacun
L'activité doit permettre à chaque participant de contribuer, pas seulement d'assister.
03
De la réciprocité
Il ne doit pas y avoir uniquement une génération qui donne et l'autre qui reçoit.
04
Du volontariat
La participation doit être choisie, autant que possible, par chacun des deux côtés.
05
De la régularité
Lorsque cela est possible, plusieurs rencontres permettent aux participants d'apprendre réellement à se connaître.
06
Une trace ou une continuité
Lettres, gazette, podcast, carnet, potager, création commune — quelque chose qui prolonge la rencontre.
Créer du lien entre les générations, ce n'est pas seulement les réunir. C'est leur donner quelque chose à construire ensemble.
10Des exemples de projets qui créent réellement de la relation
Pour chaque exemple, l'essentiel est de repérer où se situe la réciprocité — le moment où les deux générations apportent réellement quelque chose l'une à l'autre.
Correspondance
Les enfants et les seniors s'écrivent régulièrement, apprennent à connaître l'autre et attendent une réponse.
La réciprocité est dans l'attente mutuelle : chacun écrit pour l'autre, et attend une réponse à son tour.
Lecture
La lecture sert de point de départ à une conversation, des questions, des souvenirs partagés.
La réciprocité naît de la conversation qui suit le texte, pas du texte lui-même.
Jardinage
Une génération transmet certains gestes, mais les enfants peuvent aussi apporter leurs propres idées et participer activement au projet.
Le geste se transmet dans un sens, l'énergie et les idées circulent dans l'autre.
Cuisine
Recettes, souvenirs, goûts et techniques peuvent être partagés dans les deux sens.
Chacun peut faire découvrir un goût ou une habitude à l'autre.
Jeux d'hier et d'aujourd'hui
Les seniors font découvrir certains jeux anciens, et les enfants peuvent en présenter d'autres, plus récents.
La réciprocité est directe et symétrique : chacun enseigne un jeu à l'autre.
Histoire locale
Recueillir des souvenirs sur un quartier ou une commune, et les confronter à ce que connaissent les enfants aujourd'hui.
Le passé et le présent d'un même lieu se répondent l'un à l'autre.
Création artistique
Créer ensemble une œuvre, une exposition ou une production collective.
Le résultat n'appartient à aucune génération seule : c'est une création commune.
Podcast intergénérationnel
Les enfants ou les jeunes préparent des questions, rencontrent une personne âgée et enregistrent une conversation autour de son histoire, d'un métier, d'une passion, d'un savoir-faire ou d'une époque. Le processus complet suit une logique : préparer, rencontrer, questionner, écouter, échanger, conserver une trace. Les enfants ne sont pas de simples intervieweurs et les personnes âgées ne sont pas seulement des « témoins du passé » : la rencontre doit rester une conversation entre deux générations.
Les enfants apprennent à interviewer et à écouter ; la personne âgée est entendue et valorisée dans sa parole.
Gazette intergénérationnelle
Une gazette créée ensemble peut réunir interviews croisées, souvenirs d'école, jeux d'hier et d'aujourd'hui, recettes, métiers, expressions anciennes et nouvelles, histoires locales, dessins d'enfants, textes de seniors, chroniques, portraits, questions-réponses. Elle doit être pensée comme une création commune, et non comme un journal réalisé « sur » les personnes âgées. Chacun peut contribuer différemment : écrire, raconter, interviewer, dessiner, relire, choisir les sujets, mettre en page, rechercher des souvenirs ou documents.
Chaque participant choisit sa forme de contribution ; le résultat final porte la marque de tous.
11Les projets intergénérationnels de PLUS DE LIENS
Voici les projets que nous portons ou envisageons concrètement, sans transformer cette liste en catalogue promotionnel.
L'Heure des Contes
Des personnes âgées viennent lire des histoires à des enfants. L'intérêt ne réside pas seulement dans la lecture elle-même : les questions, les discussions, les souvenirs qui émergent, les rendez-vous réguliers, permettent à une relation de se construire progressivement au fil des rencontres.
Plume en Herbe
Une correspondance manuscrite entre enfants et personnes âgées. Ce qui compte : l'attente de la lettre, le plaisir d'écrire pour quelqu'un, la découverte progressive de l'autre, la continuité dans le temps, et une trace matérielle de la relation qui se construit lettre après lettre.
Le Potager des Âges
Des personnes âgées et des enfants cultivent ensemble. La transmission de gestes se conjugue avec l'observation du temps, la coopération, et un projet qui évolue sur plusieurs mois — chacun peut y apprendre de l'autre.
Les Voix du Temps
Un projet autour de la parole, de la mémoire, des souvenirs et de la transmission, qui peut prendre une dimension intergénérationnelle : préparation des questions par des enfants ou des jeunes, rencontre avec une personne âgée, conversation, découverte d'une histoire ou d'un savoir-faire, enregistrement, écoute et valorisation de la parole recueillie. Le podcast est un outil de rencontre et de transmission, pas seulement un contenu à produire.
La Gazette intergénérationnelle
La possibilité de créer, avec des enfants et des personnes âgées, une gazette réunissant interviews croisées, récits, souvenirs, dessins, histoires locales, recettes, jeux, métiers, chroniques, portraits, et photographies lorsque les autorisations nécessaires sont obtenues. Pensée comme un projet participatif où chacun trouve une place, elle laisse une trace durable, qui reste après la rencontre et peut être partagée avec les familles ou les établissements.
D'autres ateliers et rencontres — transmission de savoir-faire, rencontres autour d'objets, créations communes — peuvent également être organisés selon les territoires et les structures partenaires.
12Pourquoi les projets qui laissent une trace sont particulièrement intéressants
Une rencontre peut être éphémère. Un projet peut laisser quelque chose derrière lui : une lettre, une photo, un podcast, une gazette, un carnet, une plante cultivée, une création artistique, une histoire enregistrée, une exposition.
Cette trace peut prolonger la relation au-delà de la rencontre elle-même, donner envie de poursuivre, permettre aux participants de montrer ce qu'ils ont fait, valoriser leur contribution, et servir de point de départ à la rencontre suivante.
La trace n'est pas une condition obligatoire de réussite. Un projet sans trace matérielle peut très bien fonctionner. Mais lorsqu'elle existe, elle donne souvent au projet une continuité et une valeur supplémentaires.
13Comment participer à un projet intergénérationnel ?
Une personne âgée
Envie de lire, raconter, jardiner, écrire, cuisiner, transmettre un savoir, participer à un podcast ou contribuer à une gazette. Il n'est pas nécessaire d'avoir un talent particulier ou une « histoire exceptionnelle ».
Une famille
Vous pensez qu'un proche pourrait apprécier ce type de projet. Il est essentiel de ne jamais engager la personne sans son accord explicite.
Une école ou un enseignant
Construire un projet régulier avec des personnes âgées autour de la lecture, de la correspondance, du jardinage, de la mémoire, d'un podcast, d'une gazette ou d'un projet artistique.
Un EHPAD ou une résidence
Créer des rencontres qui donnent une vraie place aux résidents et permettent une relation régulière avec des enfants ou des jeunes.
Une collectivité, un CCAS, une association
Développer un projet intergénérationnel adapté à votre territoire.
PLUS DE LIENS peut aider à imaginer, organiser et mettre en relation les différents participants afin de construire un projet adapté au territoire, aux structures et surtout aux personnes qui vont y prendre part.
14Comment PLUS DE LIENS construit ses projets
Quelques principes guident notre façon de concevoir chaque rencontre intergénérationnelle :
- Nous partons des personnes, pas seulement de l'activité.
- Nous recherchons la réciprocité, dans les deux sens.
- Nous privilégions la continuité lorsque cela est possible.
- Nous respectons le choix de participer ou non.
- Nous ne réduisons jamais une personne âgée à son âge.
- Nous cherchons à créer quelque chose ensemble, plutôt qu'à organiser une animation.
- Nous favorisons la transmission plutôt que la simple occupation.
- Nous cherchons à laisser une vraie place aux enfants et aux jeunes : poser leurs questions, choisir certains sujets, raconter, créer, apprendre, proposer.
Pour nous, l'intergénérationnel ne consiste pas à organiser une animation « pour » des personnes âgées avec des enfants. Il consiste à créer un espace dans lequel deux générations peuvent faire quelque chose ensemble, apprendre l'une de l'autre et progressivement se connaître.
15Mesurer autrement la réussite d'un projet
Le nombre de participants ne dit pas grand-chose de la qualité d'une rencontre. « 20 enfants + 15 seniors = projet réussi » est une équation trop simple. Voici d'autres questions à se poser, présentées comme des repères qualitatifs proposés par PLUS DE LIENS, et non comme une échelle scientifique validée.
Les personnes avaient-elles envie de revenir ?
Ont-elles retenu le prénom de quelqu'un ?
Une conversation s'est-elle poursuivie après l'activité ?
Quelqu'un a-t-il préparé quelque chose pour la prochaine rencontre ?
Une personne habituellement en retrait a-t-elle trouvé une place ?
Les participants ont-ils appris quelque chose les uns des autres ?
Une relation commence-t-elle à se créer ?
Une lettre attend-elle une réponse ?
Un sujet de podcast a-t-il donné envie de poursuivre la conversation ?
Les participants ont-ils proposé un sujet pour la prochaine gazette ?
16Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un projet intergénérationnel ?
C'est une démarche qui cherche à créer une interaction réelle, une réciprocité et une place pour chacun entre deux générations — au-delà de la simple présence ou d'une animation où l'une des générations reste passive.
Quels sont les bienfaits des activités intergénérationnelles ?
Elles peuvent favoriser, chez les personnes âgées, le sentiment d'utilité, la stimulation et le lien social, et chez les plus jeunes, la découverte d'autres parcours de vie et un changement du regard porté sur l'âge. Ces effets ne sont ni automatiques ni garantis pour chaque participant.
Quelles activités peut-on organiser entre enfants et personnes âgées ?
La correspondance, la lecture, le jardinage, la cuisine, les jeux d'hier et d'aujourd'hui, l'histoire locale, la création artistique, le podcast ou la gazette intergénérationnelle en sont des exemples, à condition qu'ils permettent une réciprocité réelle.
Comment organiser un projet entre une école et un EHPAD ?
En définissant d'abord un objectif commun, en s'assurant que chaque génération peut contribuer, en privilégiant le volontariat, et en envisageant plusieurs rencontres plutôt qu'une seule. PLUS DE LIENS peut accompagner cette mise en relation.
Pourquoi la régularité est-elle importante ?
Parce qu'une relation se construit rarement en une seule rencontre. La régularité permet aux participants d'apprendre progressivement à se connaître, plutôt que de vivre un moment isolé sans suite.
Les projets intergénérationnels peuvent-ils lutter contre l'isolement ?
Ils peuvent contribuer à créer de nouvelles occasions de lien, sans constituer une réponse automatique ou garantie à l'isolement. Ils s'inscrivent en complément d'autres formes d'attention et de lien social.
Comment éviter d'infantiliser les personnes âgées ?
En évitant les activités pensées comme pour de jeunes enfants uniquement parce que le participant est âgé, en respectant son autonomie de choix, et en lui donnant un rôle actif — transmettre, raconter, créer — plutôt qu'un rôle passif.
Une personne âgée doit-elle avoir des compétences particulières pour participer ?
Non. La transmission peut porter sur des choses très ordinaires — une recette, un souvenir d'école, une expression — qui n'ont pas besoin d'être exceptionnelles pour intéresser une autre génération.
Comment trouver des personnes âgées pour un projet scolaire ?
En se rapprochant d'un EHPAD, d'une résidence autonomie, d'un CCAS ou d'une association locale, comme PLUS DE LIENS, qui peut aider à identifier des participants volontaires et à construire le projet.
Peut-on créer un podcast entre enfants et personnes âgées ?
Oui. Le processus suit généralement plusieurs étapes : préparer les questions, rencontrer la personne, échanger, enregistrer, puis conserver une trace de la conversation. C'est l'esprit du projet Les Voix du Temps porté par PLUS DE LIENS.
Comment créer une gazette intergénérationnelle ?
En impliquant les deux générations dans sa conception : interviews croisées, récits, dessins, recettes, souvenirs. Chacun peut contribuer selon ses envies — écrire, raconter, dessiner ou mettre en page.
Comment proposer un projet intergénérationnel à PLUS DE LIENS ?
En nous contactant pour présenter votre structure, votre territoire et vos idées. Nous pouvons aider à imaginer, organiser et mettre en relation les participants.
Sources
- Organisation mondiale de la Santé, Rapport mondial sur l'âgisme, 2021 — définition de l'âgisme, revue systématique de 422 études dans 45 pays, recommandation des contacts intergénérationnels comme stratégie clé
- Burnes D., Sheppard C., Henderson C. R., Wassel M., Cope R., Barber C., Pillemer K., Interventions to Reduce Ageism Against Older Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis, American Journal of Public Health, 109(8), 2019 — méta-analyse de 63 études (1976-2018, 6 124 participants)
- Concept de générativité (E. Erikson), cité et documenté dans : Institut national de santé publique du Québec, Bulletin thématique en santé cognitive sur le bénévolat des personnes aînées, incluant une présentation du programme Experience Corps
Ce guide s'appuie également sur les repères établis dans nos guides Comprendre l'isolement des personnes âgées et Comment repérer les signes d'isolement.
Projet intergénérationnel
Activité EHPAD école
Podcast intergénérationnel
Gazette intergénérationnelle
Lutte contre l'âgisme
Et si nous créions une rencontre entre les générations ?
Vous êtes une école, un EHPAD, une résidence seniors, une collectivité, une association, ou simplement une personne qui souhaite participer ? PLUS DE LIENS développe des projets permettant aux générations de se rencontrer autour de :
- la lecture
- l'écriture
- la correspondance
- le jardinage
- la parole et le podcast
- la gazette
- les souvenirs
- les savoir-faire
PLUS DE LIENS peut également aider à mettre en relation les structures et les participants, et à organiser le projet dans la durée lorsque cela est possible.